30.06.2007
Etude des risques sur la santé de l’OGM MON863 : des résultats «alarmants»
Jeudi aura lieu le conseil européen de l’Environnement. A cette occasion, Greenpeace demande à nouveau le retrait du marché européen de certains OGM. Lors d’une expertise, des rongeurs nourris au MON863 pendant quelques semaines ont présenté des signes de toxicité hépatique et rénale.
«Je ne suis pas contre tous les organismes génétiquement modifiés . La question n’est pas d’être pour ou contre. Mais il faut que le produit ne comporte aucun risque pour la santé humaine», a affirmé hier le docteur Dominique Cellier du CRII-GEN (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique).
L’entreprise Monsanto, qui produit le MON863, avait réalisé des expériences sur la dangerosité pour la santé humaine. Conclusion: aucun danger. Mais très vite des associations environnementales ont mis en doute les résultats . Ainsi, l’expérience n’a duré que 90 jours. «Ce n’est pas assez pour avoir des informations suffisantes sur la dangerosité d’un tel produit. Il faut deux, voire trois ans», a dit le docteur Joël Spiroux de Vendômois .
Le CRII-GEN a demandé alors à pouvoir consulter le dossier de ces expérimentations . Ce que refuse Monsanto, soutenu par le ministère français de l’Agriculture . Ce n’est qu’une action en cour d’appel en Allemagne qui a permis au public, en juin 2005, d’accéder à toutes les données brutes de cette étude de nutrition de rats. Une contre-expertise, réalisée par le CRII-GEN, a montré que l’alimentation avec du maïs MON863 a eu des effets néfastes sur les reins et le foie des rats. Des signes de toxicité dont Monsanto avait estimé dans son rapport qu’ils sont «sans importance biologique.» De légères variations de croissance significatives ont également été constatées . «Ce maïs est impropre à la consommation», a souligné le Dr Cellier.
A noter que l’Agence européenne de sécurité alimentaire, qui est en charge de l’évaluation des risques liés aux OGM (et qui avait donné son feu vert au MON863 en 2004, a décidé de revoir sa copie. Le nouvel avis de l’agence, prévu pour la semaine dernière, se fait attendre.
Mais Greenpeace ne se fait guère d’illusions. «Il est peu probable que l’agence revienne sur son premier avis», a dit Anne Thomas de Greenpeace Luxembourg , «c’est pourquoi il est du devoir des Etats membres de prendre les devants sans attendre.»
Le Luxembourg aussi aurait son rôle à jouer. Greenpeace salue le fait que le ministre de la Santé, Mars Di Bartolomeo, ait soutenu l’Autriche, qui demande que ce dossier figure au programme du jour du prochain Conseil européen des ministres de l’Environnement, mais regrette qu’il n’ait toujours pas réagi sur le plan national.
Ralph di Marco
Greenpeace Luxembourg
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